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 "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]

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MessageSujet: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Dim 14 Oct - 17:26

« Sans prise de risque, pas de surprise»


Le soleil venait à peine de se lever sur South Blue, la mer était calme et seule une petite brise iodée semblait glisser sur l’eau d’un bleu profond. Je ne me lassais pas d’admirer l’horizon, cette étendue presque infinie, sans aucunes barrières, ces gigantesques aplats de bleus, le ciel, la mer, le soleil, ma petite embarcation et moi. Il y avait déjà trois jours que je naviguais en quête d’aventure. Et il y avait surement beaucoup d’îles non répertoriées sur mes cartes, et j’avais cette envie de tout découvrir, tout observer !

Au bout d’une petite heure, une masse grise se dessina au loin, je me redressais brusquement dans le bateau qui tangua sous cet effet. C’était une île, et à première vue, elle n’était pas sur ma carte. Me levant, pour orienter la voile, j’observais la silhouette de cette petite étendue de terre qui apparaissait de plus en plus clairement. Elle ne semblait pas très grande, mais on pouvait y voir un bâtiment, un très grand bâtiment. Pendant un instant, un frisson parcourra le long de ma colonne vertébrale, cette île attisait ma curiosité…
Me laissant porter par le vent, je dirigeais tranquillement le bateau vers la côte qui était à présent toute proche.

Le soleil était désormais bien levé, et ses rayons réchauffaient ma peau légèrement salée par les embruns du matin. Le vent lui aussi c’était levé, et faisait voler mes cheveux à son grès, je ne pus m’empêcher de respirer profondément cet air frais et vivifiant les yeux fermés, comme pour mieux sentir le monde, sa profondeur et sa splendeur, comme pour permettre à mon ouïe, mon odorat, et mon toucher de prendre possession de cet espace si puissant, si libre. Et c’est en expirant que je rouvrais mes yeux pour découvrir la fameuse île.

J’accostais sur une petite plage au nord de l’île, jetant l’ancre, je rangeais mes cartes dans un petit coffre que je plaçais sous le banc de l’embarcation. Il ne me restait plus qu’à marcher !

Je dû remonter une sorte de colline verdoyante pour me retrouver avec une magnifique vue sur l’île. Il n’y avait rien, tout n’était que nature, des arbres, de l’herbe, seul un grand manoir y trônait fièrement. Ma curiosité étant piquée au vif, il fallait que j’en sache plus, qui habitait ici, comment s’appelait cette île… Il fallait donc que je m’aventure près du manoir.

En y repensant, la dernière fois que j’avais accostée sur une île j’avais failli y rester ! Comme quoi, on ne tire pas forcément de leçon de ses erreurs, et le fait que j’aime vivre dangereusement n’était pas vraiment là pour arranger la situation. Mais comme je dis souvent : si on ne prend pas de risques, il n’y a pas de mérites à réussir. Je me dirigeais donc d’un pas décidé vers la grande demeure, pour me retrouver face à une immense porte en bois, après avoir frappé à deux ou trois reprises, je finis par pousser la porte, qui, à mon grand étonnement, était ouverte.

J’entrais dans le grand hall d’où descendaient deux grands escaliers de part et d’autre. Mais au-delà de l’immensité du lieu, quelque chose me frappa. En effet, tout ici semblait être abandonné, comme figé dans le passé, en témoignait les bougies toutes fondues, laissées sur une petite table comme si elles venaient d’être posées, n’attendant que d’être à nouveau allumées. Il n’y avait surement personne ici… Mais je voulais en être certaine :

-Il y’a quelqu’un ? –criais-je dans la pièce.


Les secondes qui passèrent ne me fournirent pas de meilleures réponses que mon écho. Je me mis alors à visiter le manoir. Ici tout était sombre, les rideaux, poussiéreux, les fenêtres troubles ne laissaient pas vraiment passer la lumière, le sol était terne… Il régnait une atmosphère pesante, oppressante. Et c’est en traversant un couloir et en observant de nombreuses taches de sang au sol que je m’arrêtais net. Figée. J’avais entendu un bruit, comme un craquement, très léger, presque inaudible. Etais-ce un déplacement d’air, ou juste une sensation ? Il y avait quelqu’un ici…

La respiration légèrement haletante je regardais dans toutes les directions possibles. Mon visage était fermé, calé sur une expression neutre, de concentration, prête à toutes les réactions possibles. Qui vivait dans ce manoir ? Pourquoi semblait-il abandonné ? Autant de questions qui étaient pour l’instant sans réponse. J’étais sur mes gardes, attendant simplement un mouvement, un geste, quelqu’un…

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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Dim 14 Oct - 18:43

Le tic-tac régulier des rouages d’une horloge résonnait doucement, trahissant le mouvement lent de la trotteuse entrainée dans une rotation inexorable et piégée dans un cycle sans fin. Le mouvement du balancier semblait hypnotique, envoûtant mais également très troublant, comme si il n’était pas naturel et qu’il défiait les lois de la physique. Au loin, les rayons du soleil qui filtraient par la fenêtre éclairaient la pièce, dévoilant les volutes de poussières qui semblaient stagner dans l’air comme figés par le temps. A dire vrai, si l’immense meuble en chêne n’était pas là pour donner l’heure, on aurait facilement pu envisager que le temps avait cessé de s’écouler en ces lieux, dans ce manoir qui semblait être resté bloqué dans un passé morbide et violent comme en témoignaient les flaques de sang séchées sur le sol. Cà et là, les araignées tissaient leurs toiles sur les vitraux autrefois magnifiques du grand salon et le lustre en cristal qui pendait avait perdu sa splendeur d’antan pour laisser place à une épée de Damoclès flottant sur la tête de quiconque oserait prendre les escaliers menant aux chambres.

Seul assis sur les marches faisant face à la porte principale, un homme semblait attendre en silence, le dos vouté et les yeux baissés, l’obscurité ambiante l’enveloppait de son voile obscur donnant presque l’impression qu’il se fondait dans le décor. La poussière sur ses épaules témoignait du fait qu’il était là depuis longtemps et le manteau noir qu’il portait dissimulait à peine un fourreau et son épée qui reposaient contre son torse. Quiconque l’aurait vu aurait pu penser qu’il était mort et pourtant son cœur battait… Il battait jusque dans ses tempes, résonnant en lui comme un tambour battant et animant son âme de désirs profonds, de pulsions presque incontrôlables. C’était d’ailleurs pour cela qu’il était assis ici : pour essayer de rester calme, retrouver une sérénité qui lui permettrait de se ressaisir et d’avancer à nouveau.

Voilà deux jours qu’il était là, deux jours qu’il aurait dû passer à voguer sur les mers du globe plutôt qu’à être piégé sur cette île de malheur, dans un manoir vide et qui lui rappelait tellement de mauvais souvenirs… Il aurait tellement voulu s’en aller, se lancer à la poursuite de l’homme qui avait détruit sa vie et pourtant il semblait être pieds et poings liés, enchaîné à ce lopin de terre dont il ne pouvait s’échapper ! Triste sort que celui de se retrouver piéger dans une demeure luxueuse sur une île inhabitée...

Le bruit de la porte d’entrée du manoir s’ouvrant tira Kyosuke de ses songes. Il connaissait le moindre son que pouvait faire le bâtiment, chaque craquement de parquet et le moindre bruissement de porte. Il voyait la demeure comme un être vivant et avait appris à interpréter ses paroles, comprendre ses souffles… Et cette fois-là, il était certain que le bruit qu’il venait d’entendre n’était pas naturel, il le reconnaissait d’ailleurs plutôt bien : un intrus venait de pénétrer dans la maison. Se relevant lentement, s’étirant en saisissant l’épée qu’il tenait, il attrapa un chandelier et se dirigea en silence dans les couloirs lugubre, errant comme un fantôme aux yeux cernés par la fatigue.

Il ferma un instant les yeux, essayant de suivre les bruits de pas dans le bâtiment, cherchant désespérément la personne qui venait d’entrer et la traquant comme un chasseur poursuivant sa proie. Il pouvait presque la suivre à l’odeur, distinguant un parfum étranger à ses sens et les senteurs marines des embruns si communs aux gens naviguant sur les flots. Qui pouvait donc être l’inconnu qui parcourait les couloirs de la demeure des Gallagher : un pirate ? Un marine ? Une pauvre âme en perdition ? Qu’importe, il la trouverait et lui ferait payer de s’être aventurée ici, en ce lieu sacré pour lui. Le manoir était vraiment gigantesque et même pour Kyosuke, le parcourir n’était vraiment pas chose aisée. Les différentes ailes de la bâtisse et les nombreux escaliers faisaient de l’endroit un véritable labyrinthe. Pourtant, il savait qu’il se rapprochait à chaque fois un peu de l’intrus, avançant inexorablement vers la personne qu’il pourchassait.

Au détour d’un couloir, il entendit ses bruits de pas s’arrêter brusquement comme si la personne se figeait sur place. Posant le chandelier allumé par terre pour créer une source de lumière, l’ancien majordome saisit une des bougies et la prit avec lui, prenant un autre chemin afin de se faufiler derrière l’inconnue. Il ne lui fallut que peu de temps avant de distinguer une silhouette de dos, certainement féminine. Il se glissa silencieusement jusqu’à elle, faisant en sorte d’éviter chaque latte du plancher susceptible de grincer. Puis, laissant son souffle froid aller se perdre dans le cou de la jeune femme, il murmura d’un ton neutre et dénué de la moindre émotion :

- Bonjour…

Faisant à présent face à l’inconnue, Kyosuke avait le visage légèrement éclairé par la lueur de sa bougie, les flammes de cette dernière dansant paisiblement et éclairant les murs tâchés de sang et marqués par de grands coups d’épée. Elle était là, devant lui, sa chevelure écarlate tombant sur ses épaules et lui donnant à la fois une allure sauvage et une élégance rare. La beauté de sa silhouette rivalisait avec les plus belles femmes de South Blue. La finesse de ses traits et la délicatesse de ses courbes allaient parfaitement avec la perfection de son visage et de ses lèvres. Durant un bref instant, Kyosuke pensa qu’il n’était que victime d’une hallucination, un mirage provoqué par la faim et la déshydratation. Pendant un court instant il sentit son cœur se compresser, comme victime d’un poids invisible qui finalement se dissipa avec le temps. Gardant un voile impassible sur son visage, il la fixa dans les yeux pendant un moment, silencieux. Un sourire finit par perler sur ses lèvres, à peine visible et presque sadique, contrastant avec la situation angoissante du moment :

- Je n’ai pas l’habitude de recevoir des visiteurs… Je peux vous aider peut-être ?
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Mar 16 Oct - 20:37

"Le Manoir..."

-Bonjour…

Mon cœur venait de s’arrêter, net, comme si ses battement avaient été interceptés au vol par la voix de l’homme qui venait de parler à quelque centimètres de moi. En un sursaut, une fraction de seconde je me retournais vers lui. Face à face avec cet inconnu, mon regard dans ses beaux yeux bleus, à la fois agréablement surprise et effrayée. A la lueur du chandelier qu’il tenait, je pouvais voir, détailler du regard, son visage aux traits fins qui lui donnaient une prestance, un charme, une élégance peu commune.

Un instant plus tard, son expression changea, il parut moins surpris comme s’il était persuadé d’être maitre de la situation, en témoignait un sourire à mi-chemin entre le sadisme et l’amusement. Cette situation n’était pas vraiment reposante, je ne savais pas quoi faire mais ne voulait rien laisser paraître. Et alors que j’allais ouvrir la bouche pour lui demander où est-ce que j’étais, il me devança :

-Je n’ai pas l’habitude de recevoir des visiteurs… Je peux vous aider peut-être ?


J’avais senti son souffle tout près de moi, comme pour me sortir de mon mutisme, me signifier qu’il était bien là, et qu’il pensait avoir de dessus dans ce face à face. Faisant un pas en arrière pour reprendre une distance moins gênante avec mon interlocuteur mon cœur put reprendre un rythme normal. La situation était plutôt étrange, je ne le connaissais pas, je ne savais pas où j’étais, et a première vue il n’y avait que nous deux sur l’île… Malgré tout je n’avais pas réellement peur, j’étais plutôt intriguée par la situation, par ce qui pourrait bien se passer, et où tout cela allait bien pouvoir me mener. Inspirant profondément je finis par répondre au jeune inconnu, sur un ton plutôt sûr et franc.

-Eh bien, disons que j’explorais un peu l’île. J’ai frappé plusieurs fois à la porte de votre manoir, mais personne n’a répondu, alors je suis entrée. Je pensais que c’était abandonné… vu l’état des lieux…

Un léger sourire se dessina sur mon visage qui reprenait ses couleurs. J’avais l’impression d’avoir repris le contrôle de la situation, comme mon interlocuteur quelques secondes auparavant.

Autour de nous, le calme, le silence, des rideaux aux couleurs passés d’époque qui pendaient mollement aux tringles des hautes fenêtres qui bordaient ce couloir aux dimensions hors normes. Un sol jonché de poussière et habillé au centre de la pièce d’un long tapis que l’on ne pouvait guère discerner avec une luminosité si faible. Les murs en pierre étaient la seule chose qui, malgré le temps semblait être resté digne : fiers, forts, provocant les intempéries et vents, sans jamais avoir cédé.

Cette atmosphère, entre l’étouffement et l’inquiétude était plus que pesante, mais ce qui était étrange, c’est que lorsque je regardais ce jeune homme, que je passais outre son sourire prédateur et l’espèce de lueur intriguant qui brillait dans ses yeux, je ne ressentais plus l’endroit de la même façon. Un peu comme si l’attachement qu’il avait pour cet endroit me touchait, par je ne sais quel lien invisible.

-Excusez-moi mais… où sommes-nous au juste ? –demandais-je tout à coup intriguée par l’île et le manoir où je me trouvais.

Dehors il me semblait entendre le vent se lever, ou était-ce seulement le son que faisait l’air, s’engouffrant dans des fissures de la demeure, créant un sifflement, un courant d’air. Quelque chose qui faisait froid dans le dos. Je ne pus m’empêcher de croiser les bras pour pallier aux frissons qui parcouraient mon corps…
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Mer 17 Oct - 16:28

L’air qui souffla sembla affoler la petite flamme de la bougie qui éclairait faiblement le couloir, la faisant vigoureusement danser et frôlant l’extinction. Il n’était pas rare que les courants d’air parcourent les couloirs qui n’étaient plus de prime jeunesse et les carreaux brisés dus aux combats récents n’arrangeaient en rien la situation actuelle de la bâtisse qui subissait les sévices du temps beaucoup plus rapidement qu’à l’ordinaire. De l’extérieur, le manoir était encore beau et fier, digne des plus grandes demeures des puissants de ce monde. Cependant, l’intérieur semblait très ancien et la poussière rendait l’endroit encore plus lugubre et abandonné. Cela faisait bien 6 ans que le ménage n’avait pas été fait et Kyosuke ne s’était pas donné la peine de nettoyer depuis son retour… Ou du moins de nettoyer la crasse !

Devant lui, l’inconnue lui faisait face, apparemment un peu déstabilisée mais pas effrayée pour autant. Dans ses yeux brillait la lueur inhabituelle des gens dont la volonté était bien plus forte que les affects basiques comme la peur ou la tristesse. Elle devait être de ceux qui se muraient derrière une façade pour toujours paraître digne, ceux que rien ne semble faire courber l’échine et dont la liberté ne peut pas être usurpée. D’une certaine manière, sa prestance et son regard créèrent une certaine forme d’admiration chez le bretteur qui, même s’il ne semblait pas réellement heureux d’avoir de la visite, semblait au moins apprécier que la personne qui avait pénétré dans son sanctuaire soit si intéressante. Elle se disait être une sorte d’exploratrice, une aventurière des flots qui avait sans doute échoué sur l’île en quête d’un peu de repose ou par simple curiosité. Il n’était pas rare de voir des gens accoster sur les côtes de cette minuscule île, mais l’ambiance malsaine qui régnait dans les environs suffisait à les dissuader de prolonger leur séjour ici de puis d’une petite demi-heure. La jeune femme ne semblait pas vraiment savoir où elle se trouvait, ce qui n’étonna pas vraiment Kyosuke : après tout, il fallait être fou pour venir volontairement ici !

- Suivez-moi…

La voix neutre et dénuée de la moindre émotion résonna dans le couloir alors que son instigateur tournait déjà les talons sans faire attention à la réaction de la jeune femme. Lentement, il s’enfonça dans les ténèbres, sa bougie étant le seul point de repère auquel la belle inconnue pouvait se raccrocher. Dans le noir, on pouvait à peine distinguer l’épée qu’il portait à sa ceinture et il aurait fallu être drôlement perspicace pour remarquer le sang séché sur ses vêtements poussiéreux et déjà foncés à la base. Pendant une bonne minute, le silence régna entre eux et seul le bruit de leurs pas sur le parquet en bois brisait la monotonie de l’ambiance étrange qui s’était installé depuis leur rencontre :

- Faites attention où vous marchez, je n’ai pas eu le temps de virer tous les cadavres de là…

L’indifférence de son ton aurait pu effrayer la plupart des visiteurs et alors que Kyosuke enjambait sans grâce le corps sans vie d’un homme qui trainait par terre, lui-même se demandait qu’elle impression il était en train de faire. Certes, d’ordinaire il ne se souciait pas vraiment de l’avis que lui portaient les inconnus mais étrangement cette fois-là était différente. Il l’avait vu du premier coup d’œil mais son hôte n’était pas quelqu’un de vraiment banal. S’engouffrant encore un peu plus dans les profondeurs abyssales du manoir, il emprunta le chemin de la cave avant de finalement remonter par les escaliers jusqu’au hall principal par lequel la jeune femme était entrée. Arrivée devant la porte massive, il finit par ouvrir les portes afin de faire entrer la lumière, les rayons du soleil mettant en évidence la poussière ambiante qui flottait dans la pièce. Plissant les yeux, ces derniers s’habituèrent lentement à la luminosité alors qu’à présent la salle semblait renaître : deux immenses escaliers menaient aux étages et le mur du fond abritait la peinture de la famille Gallagher et de lui-même 8 ans plus jeune, au chevet d’Emma. La lumière filtra même dans les cristaux du lustre gigantesque qui trônait au centre de la pièce, donnant des allures presque mystique à la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Dehors, on avait une vue plongeante sur l’étendue de l’océan et les cieux azurés.

- Vous êtes sur une île abandonnée, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir… Je ne sais pas ce qui vous a poussé à venir là, mais vous avez vu la totalité de ce qu’il y a d’intéressant ici. Je vous conseille de prendre le large avant que la nuit tombe, nous ne sommes pas loin d’une île bien plus accueillante. Si vous avez besoin de vivres, je peux vous en préparer…

Kyosuke s’adossa au mur, les bras croisés et son regard azur fixant intensément la jeune femme :

- Je ne sais pas ce qu’il vous emmène, mais j’aimerais savoir une chose… A qui ais-je affaire ?
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Ven 19 Oct - 21:56

"Qui êtes-vous ?"



J’ignorais toujours où je me trouvais, et pour seule réponse à cette question mon interlocuteur me demanda de le suivre. Sa voix était si calme, et si neutre, que tout autour de moi me paraissait moins étrange. Et, sans me poser plus de question, je le suivis. Nous traversâmes un véritable dédale de couloir tous plus lugubres les uns que les autres, parfois l’obscurité était-elle qu’il m’était impossible de voir mes pieds. Si bien qu’il me fallait marcher à tâtons pour ne pas risquer de tomber, et pour augmenter la difficulté de l’exercice, mon guide m’indiqua que certains couloirs étaient jonchés de corps inertes çà et là… Ce qui aurait dû effrayer toute personne normalement saine d’esprit ne me choqua même pas, à vrai dire, je pense que dans cette bâtisse plus rien ne pouvait me perturber… Sans m’attendre, il enjambait les corps, comme de simples bûches posées au sol. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’un fin rayon de lumière passa entre une fenêtre et un rideau, dévoilant l’un des corps que je m’apprêtais à enjamber, il s’agissait d’un homme d’âge moyen, il avait été attaqué violemment, les entrailles saillantes, comme découpé de part en part par un sabre surement. De toute évidence, c’était mon guide qui était l’auteur de ce massacre, il devait être redoutable, et malgré tout, je ne ressentais toujours pas de peur à son égard.

Après avoir monté et descendu d’imposants escaliers, toujours dans une lumière plus que tamisée, nous nous retrouvâmes dans le hall d’entrée. M’arrêtant un instant au milieu de la pièce, je pu observer l’homme qui m’avait ramené jusqu’ici marcher jusqu’à la porte d’entrée et l’ouvrir en grand pour laisser la lumière inonder la pièce. Sa démarche était au diapason de son expression, calme, silencieuse, presque féline. En observant la pièce dans son ensemble et à la lumière du jour, je découvrais un grand tableau qui trônait fièrement sur le mur entre les deux escaliers qui menaient à l’étage supérieur. Il y avait plusieurs personnes sur ce tableau, dont une petite fille blonde avec des yeux bleus, et un jeune garçon … Je me retournais alors vers le maître des lieux, voulant poser des questions, assouvir ma curiosité, mais je fus interrompue par ses mots :

- Vous êtes sur une île abandonnée, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir… Je ne sais pas ce qui vous a poussé à venir là, mais vous avez vu la totalité de ce qu’il y a d’intéressant ici. Je vous conseille de prendre le large avant que la nuit tombe, nous ne sommes pas loin d’une île bien plus accueillante. Si vous avez besoin de vivres, je peux vous en préparer…

Il avait parlé sur un ton monocorde, comme dénué d’émotions, mais à présent, dévoilé par la lumière du jour, l’homme me paraissait moins froid, un peu plus humain surement… A vrai dire, j’avais espéré découvrir une île pleine de trésors, une aventure folle dans une forêt mystérieuse, ou encore de beaux spectacles de la nature, et ici, rien de tout ça, juste un homme seul, habitant un manoir abandonné sur une île déserte… J’hésitais à répondre, c’était un peu comme s’il me mettait dehors, comme si j’étais venue et avait découvert quelque chose qu’il ne fallait pas. Malheureusement pour lui, ma curiosité était d’une puissance telle, qu’elle prenait souvent le pas sur la raison. Mais il fallait d’abord que je teste mon interlocuteur.

-Vous voulez que je parte ? Très bien …


Cependant, à mon grand étonnement, l’homme s’adossa contre un mur son regard soutenant le mien, et, comme s’il changeait de sujet, me demanda à qui il avait affaire. A cette question je sentis un léger sourire se dessiner sur mes lèvres. Le fixant dans les yeux, comme par intimidation, je finis par ouvrir la bouche pour lui répondre :

-Hmm…qui je suis ? Je m’appelle Hana Kitai, et j’ai navigué seule depuis East blue jusqu’ici. Je suis un peu une «pirate solitaire », sans équipage. C’est pour cela que je me contente de naviguer sur de petites distances, pour trouver des îles non répertoriées sur mes cartes, pour chercher l’aventure… pour trouver la liberté…


Je m’étais arrêtée de parler, légèrement perdue dans mes pensées. Mais, secouant légèrement la tête pour reprendre contenance, je m’en remettais à ma curiosité, piquée au vif :

-
Et qu’en est-il de vous ?

J’étais très curieuse de découvrir qui était cet homme aux yeux azurs qui continuait de me fixer. Et, alors que le soleil approchait du zénith, pour moi, le temps était arrêté, toute mon attention était porté sur les mots qu’il allait prononcer, je voulais absolument savoir ce qu’il faisait ici, seul. Et il pouvait être sûr d’une chose, je ne comptais vraiment pas partir avant de le savoir !
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Dim 21 Oct - 22:09

Les rayons du soleil éclairaient à présent le teint légèrement ambré de l’inconnue, lui donnant un air à la fois angélique et diaboliquement séduisant. Elle était d’une beauté sans pareille, sa chevelure vermeille lui donnant une allure à couper le souffle et un air à la fois espiègle et sérieux. Elle faisait partie de ces femmes qui vous tétanisent d’un regard, vous envoutant d’un souffle et vous faisant oublier tout le reste, gardant cette classe unique capable de faire pâlir les déesses elles-mêmes. Chaque parcelle de son corps la rendait encore plus belle et Kyosuke vit chez cette inconnue plus qu’une étrangère en quête d’aventures mais bel et bien une nymphe venue pour lui. C’était peut-être le manque de nourriture ou bien la folie provoquée par des mois seul sur une île, mais pendant un instant il pensa que la jeune femme était sortie de son imagination débordante, qu’elle n’était que la représentation qu’il se faisait d’une perfection que son esprit avait imaginée.

Pourtant, elle était bien là, droite et le regard fixé sur lui. Elle avait quelque chose de spécial, sa curiosité que beaucoup auraient qualifiée de dérangeante étant accentuée par l’assurance de la jeune femme. Elle s’appelait Kitai Hana, et il ne s’en rendait pas encore compte, mais Kyosuke n’allait pas être prêt d’oublier ce nom. Elle se disait navigatrice et venait d’East Blue, ce qui montrait qu’elle avait fait beaucoup de chemin jusqu’ici et que son expérience du voyage maritime était suffisamment grande. Elle se définissait comme étant une pirate, ce qui est assez étrange : rares sont les personnes solitaires qui arrivent dans un endroit en se présentant comme étant pirate. La liberté et l’importance de ce qu’elle était semblait donc si important pour elle ? Peut-être… Et ça plaisait assez au bretteur à dire vrai.

Cependant, quelque chose plut moins au jeune homme : elle voulait en savoir plus sur lui. Certes, il était évident que le sujet avait de fortes chances d’être abordé mais pendant un moment, Kyosuke avait pensé qu’il existait une possibilité selon laquelle la jeune femme partirait sans poser de question. Mais malheureusement, les souhaits d’un homme se réalisent rarement, encore moins lorsqu’il s’agissait de raisonner une femme dont la détermination était semble-t-il à toute épreuve. Baissant légèrement la tête, il se décolla du mur d’une simple impulsion du talon, avançant vers la jeune femme avant de dégainer son épée et de l’arrêter à un centimètre de son cou : lui aussi était capable de tester son interlocutrice :

- D’ordinaire, je tue ceux qui me posent cette question…

Rengainant son épée d’un geste, il s’approcha d’un petit cadre près des escaliers, un cadre faisant pâle figure par rapport à l’immense tableau qui trônait dans la pièce. Kyosuke s’en saisit et sembla le regarder pendant un instant, pensif :

- Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A qui a soif, je donnerais, moi, de l'eau de la fontaine de la vie gratuitement … C’était le passage préféré de la propriétaire de cette demeure, et mon ancienne employeuse. Je suppose qu’en tant qu’hôte, je me dois de répondre à vos questions, c’est ce qu’elle aurait aimé…

L’ancien majordome se tourna vers la jeune femme et la fixa intensément, son visage neutre laissant place à une tristesse mélancolique presque attendrissante mais qui était voilée par une sorte de flamme brulante qui s’animait en lui :

- Je m’appelle Hatsuo Kyosuke… J’étais majordome dans ce manoir avant qu’un mal trop fort vienne le ronger et causer la mort de ses habitants. Il y a quelques années, le père de la propriétaire de ses lieux a tenté de faire assassiner sa fille ici même et malgré le fait qu’elle et moi avions réussis à fuir, elle a fini par mourir. Par la suite, je me suis rendu ici et j’ai nettoyé les lieux des squatteurs et autres voyageurs… A l’exception de vous.

Kyosuke fit les cent pas dans la pièce et s’arrêta à la hauteur de la jeune femme, la regardant un instant, le regard vite. Il ne savait pas pourquoi mais Hana lui rappelait énormément Emma, son ancienne protégée. Il voyait en elle le même besoin de liberté, la même candeur particulière mêlée à cette conscience de la réalité qui les entourait. Il ne la connaissait pas mais se sentait liée à elle ne serais-ce que parce que leurs destins s’étaient réunis à un moment particulier de sa vie. Elle n’était plus qu’une simple visiteuse, mais bel et bien un protagoniste à part entière dans sa vie très étrange :

- A présent j’erre ici… Vous avez un but noble, collant à la perfection avec votre vision de la vie. A mes yeux, il ne me reste plus que la vengeance et la justice ! J’ai longtemps cherché ce que je voulais faire à présent de ma vie…

Il soupira un instant :

- Rendre aux gens leurs rêves, redéfinir enfin le sens du mot liberté, rétablir la justice ceux sensés la faire ont délaissé leur rôle et ceux dont ils avaient la confiance : c’est peut-être ce à quoi j’aspire finalement. Venger ceux que l’on a oublié, réunir ceux dont les routes ont été séparées, punir ceux qui ont échappé à leur jugement : voilà les valeurs auxquelles j’aspire. Aujourd’hui, c’est ce que j’aimerais faire et ce… Quoi qu’il m’en coute…

Le ton de Kyosuke s’était durci au fur et à mesure qu’il parlait, comme si les émotions qu’il avait enfoui en lui pendant des mois ressortaient. C’était d’autant plus étrange qu’il tienne une conversation de la sorte avec une parfaite inconnue, les circonstances particulière de leur rencontre ayant en grande partie chamboulé son caractère, comme si la jeune femme avait un impact sur la façon d’être du bretteur. Soupirant, il essaya de reprendre contenance et sortit une cigarette de son manteau qu’il se mit à mâcher négligemment avant de l’allumer :

- Mais je ne peux pas partir d’ici… Et de toute façon, vous n’avez pas à vous soucier de cela…

Il s'approcha de nouveau de la sortie, laissant la fumée de sa cigarette s'échapper à l'extérieur alors qu'il tournait volontairement le dos à son invitée, à la fois pour profiter de la vue et pour éviter le regard de la jeune femme qui le gênait étrangement.
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Sam 27 Oct - 21:03

"Vengeance et Justice"


Il était debout, adossé contre un mur de la vieille bâtisse, comme si aucune chose au monde ne pouvait le perturber, comme si rien ni personne ne pourrait lui soutirer la moindre information sur quoi que ce soit qui touchait à son existence. Mais, vêtue de mon impitoyable obstination, j’étais persuadée que l’homme finirait par parler, il ne pouvait pas en être autrement… Nos regards se défiant sans arrêt, l’homme dont j’ignorais toujours le nom se décolla du mur avec une rare élégance, vif et souple dans son geste il s’avança, dégageant une aura étrange, comme peu de gens en ont, quelque chose qui vous rend vraiment unique, passionnant et effrayant à la fois… La seconde qui suivit, une épée apparut, brillante, rapide ; elle se figea à la base de mon cou, à quelques millimètres de ma peau.

Pour la première fois depuis que j’avais pénétré dans le manoir, j’avais eu l’impression d’être en danger. J’avais eu peur. Mon cœur qui ne savait visiblement plus sur quel rythme il devait chanter sembla se figer. Tout autour de moi était de même, figé, pendant une éternelle seconde, une seconde où mon regard croisa celui du bretteur, comme s’il attendait une réaction de ma part avec une pointe de provocation qui luisait dans ses yeux. Seuls quelques mots virent briser ce silence, d’une voix claire et calme, silencieuse et qui, pourtant, m’avait traversée de part en part :

- D’ordinaire, je tue ceux qui me posent cette question…

Tentant de rester impassible, mais bien consciente que je n’avais pas pu cacher ma surprise, je défiais toujours l’homme du regard. Il rangea son arme, puis se tourna vers un petit tableau. Il prononça alors une phrase qui semblait être une citation dont j’ignorais la provenance… Il parla alors d’une jeune fille, la « propriétaire» de cette demeure, je pus en déduire assez rapidement que c’était surement elle qui était représentée sur les tableaux présents un peu partout dans la pièce. Il s’agissait d’un majordome, d’après ce qu’il avait raconté, et il était évident, au changement de son timbre de voix, qu’il accordait une grande importance à ce travail et à cette femme. Il ne fallait pas être bien intelligent pour le remarquer… Une forme de tristesse, ou de nostalgie -je ne savais pas trop bien- se dessinait sur son visage. Hatsuo Kyosuke, c’était le nom de cet homme, un homme avec un passé plutôt lourd à porter…

Après avoir raconté brièvement la raison de sa présence en ces lieux, il avança vers moi, regardant dans ma direction sans réellement me voir, l’air pensif. J’étais si curieuse de savoir ce à quoi il pensait que j’aurais voulu rentrer dans sa tête pour savoir quel homme se cachait derrière ce corps robuste et ce visage sans réelle expression, si ce n’est cette espèce de lueur qui brillait dans ses pupilles. Un homme blessé ? Un homme rêveur ? Un homme soucieux ? Un homme juste ? Il m’était difficile de contenir ma curiosité grandissante. Mais Kyosuke parla avant moi, continuant à parler de lui, comme un besoin de se confier, ou de se justifier…

La vengeance, et la justice. Voilà les deux mots qu’il utilisait pour se donner un but. Je ne pus m’empêcher de penser que c’était un triste but… Un but sans fin, la vengeance, ce cercle vicieux, ce chemin sans issue qui peut vous briser une vie voir même plusieurs, cette voie si facile à emprunter, beaucoup plus facile que d’accepter simplement la réalité. Pour moi, la vengeance était simplement une forme d’illusion dans laquelle s’enfermaient des gens pour se donner une raison de vivre… C’était surement son cas. Malgré tout, je n’ai jamais dénigré ou tenté de faire changer d’avis aux gens qui avaient choisi cette vision là des choses. Nous avons tous des raisons d’agir de telle ou telle façon, je respecte simplement ces raisons, mon opinion n’a pas à les toucher en quoi que ce soit… Pour ce qui était de la justice, je n’avais pas d’avis, il s’agissait simplement d’une notion subjective, propre à chacun de nous. J’avais senti que, plus il parlait, plus une espèce de colère mêlée à de la rancœur apparaissait en lui.

Je pouvais comprendre… Si un jour l’on tentait de m’enlever quelqu’un auquel je tiens, je réagirais surement de la même façon que lui… Car, après tout, que faire une fois que nous avons perdus une personne qui guidait notre vie ? Se donner un autre but, la vengeance.

Pendant qu’il avait parlé je ne me souviens pas l’avoir quitté une seule fois des yeux, tentant inexorablement de percer ses émotions. Mais il finit par sortir une cigarette, et l’allumer, fumant dos à moi, adossé à la grande cloison qui donnait vers l’extérieure. « Mais je ne peux pas partir d’ici… Et de toute façon, vous n’avez pas à vous soucier de cela… » Voilà la phrase qui m’avait le plus irrité. S’il y avait bien une chose que je détestais, c’était être mise de côté, ne pas pouvoir aider quelqu’un…

Que faire pour l’aider ? Je n’en savais rien. Soupirant un grand coup, je vins m’assoir sur les marches qui précédaient l’entrée du grand hall. Cette fois, c’était moi qui lui tournais le dos. Le regard perdu dans le paysage fabuleux de cette île, je pensais à ce que j’allais faire. Repartir en mer pour chercher une autre île à explorer, je n’en avais pas envie. J’étais comme retenue par cet homme, j’avais comme une impression que si je partais maintenant, j’aurais laissé quelque chose d’inachevé ici, que j’aurais failli à une tache…

a tombe bien… Moi non plus je ne peux pas partir.

Inspirant une grande bouffée d’air frais je tournais légèrement mon buste pour regarder mon interlocuteur. Un très léger sourire aux lèvres, je continuais de parler.

-Je comprends très bien votre histoire, mais je ne peux certainement pas être en mesure de dire que je comprends vos ressentiments. Malgré tout… Quand quelqu’un comme vous, me semble quelque peu « perdu », je ne peux m’empêcher d’essayer de vouloir aider. Je sais bien, que vous allez me dire de me mêler de mes affaires, et que vous n’êtes pas le genre à vous confier, ça se voit, et je n’en demande pas tant. Je veux juste savoir ce que vous comptez faire en restant ici. Si votre but est de vous venger, alors pourquoi ne pas rechercher les fautifs, aller les attaquer là où ils sont… Cela m’étonnerait fort qu’ils viennent se jeter droit dans la gueule du loup… Non ?
Pendant que je parlais, mes poings se serraient. Mon regard avait parfois vagabondé au sol ou sur un mur, afin de ne pas perdre contenance face à Kyosuke. Le buste de trois quart, appuyée sur ma main droite, je fixais maintenant l’homme dans les yeux, attendant un signe, une approbation… quelque chose. A ce moment-là, une feuille morte passa devant moi, mais, voulant la saisir, elle se coupa en deux… Je n’étais vraiment pas encore assez entraînée pour contrôler mon « pouvoir » lorsque j’étais déconcentrée et, qui plus est, que je prenais à cœur une histoire.

J’espérais que Kyosuke n’avait pas vu ce geste, ou simplement pas fais attention à la coupe nette, comme l'aurait fait un sabre, qui apparaissait de chaque côté de la feuille gisant désormais à ses pieds…
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Lun 29 Oct - 0:03

Une certaine forme de soulagement avait finalement envahi Kyosuke, dont les sentiments et les pensées avaient finalement fini par sortir après tant de semaines passées à essayer de les intérioriser. D’une certaine manière, il vivait sa discussion avec Hana comme une véritable libération, la purgation de ses idées morbides et de sa mélancolie latente et qui le dévorait de l’intérieur. Il sentait le poids de ses remords soudainement disparaître et alléger son âme, comme si sa conscience s’était libérée d’un fardeau qui lui pesait depuis si longtemps. Plus le temps passait et plus il se disait que la venue de la belle inconnue sur l’île n’était pas un hasard et qu’elle était un don que le ciel lui avait envoyé pour le sortir de sa dépression.

A dire vrai, plus il passait du temps avec elle plus il sentait un lien se tisser entre eux, comme si l’un ne pouvait plus se séparer de l’autre et ce non pas par affection mais par intérêt qu’ils se portaient mutuellement. Cela devait tout d’abord s’expliquer par la beauté particulière et pourtant indéniable de la jeune femme aux cheveux écarlates. Dès qu’il l’avait vu, Kyosuke avait senti son cœur rater un battement et même s’il ne se l’avouerait jamais, il l’avait trouvé très séduisante. Des courbes de son corps à son regard perçant, de la cascade vermeille de ses cheveux à la finesse de ses jambes, il ne trouvait pas de mot pour décrire la sublime créature qui était à présent assise sur les marches où des années avant l’amour de sa vie avait marché. Etrangement, il avait l’espace d’un instant oublié Emma et s’en était d’ailleurs énormément voulu, comme si le fait d’apprécier la silhouette d’Hana avait été un péché pour lequel il devait être puni. Mais au final, quel mal y avait-il à trouver magnifique cet ange venu du ciel.

Mais plus qu’une simple question d’attirance physique, c’était une sorte de curiosité à l’égard de la jeune femme qui rendait Kyosuke si attiré par elle. Elle l’intéressait, c’était indéniable… Pas sur le plan sentimental, il aurait été plutôt malsain d’être amoureux aussi facilement et après seulement quelques minutes passées ensemble, mais sur le plan humain. Elle possédait quelque chose qui donnait envie de passer du temps avec elle, de mieux la connaitre. Sa détermination et son envie de mieux connaitre le bretteur semblait animer en lui une flamme qui n’avait depuis longtemps plus brûlé en lui : l’envie de s’intéresser à quelqu’un d’autre qu’à lui. Et maintenant qu’Hana était là, Kyosuke avait l’impression de retrouver un certain goût à la vie, et ce de manière inexplicable.

C’était peut-être cette aura inexplicable qui émanait de son corps et qui la rendait si particulière, ou peut-être le fait qu’elle s’intéressait à Kyosuke malgré tous les efforts qu’il avait fait pour la décourager… Il n’en savait rien et au final cela n’avait plus d’importance. Elle se tenait là, face à lui et il ne pouvait plus la quitter des yeux. Alors qu’une feuille venait s’écraser devant le nez d’Hana, cette dernière sembla se sectionner en une coupure nette, comme si elle venait d’être tranchée par une épée. Le détail n’échappa pas au bretteur qui avait appris à faire attention au moindre détail, surtout lorsqu’il s’agissait de choses tranchées ou découpées. Apparemment, l’hôte du jeune homme était plus particulière qu’il n’y paraissait. En effet, il n’y avait aucune chance qu’une feuille se sectionne comme ça sans aide extérieure et rien n’indiquait que Kyosuke ou l’environnement ait agit sur la feuille. De plus, la jeune femme eut une expression à peine perceptible qui finit de nourrir les doutes de l’ancien majordome.

Il s’approcha alors lentement de la jeune femme, repensant à ses paroles précédentes et au fait qu’elle se questionnait sur le pourquoi du comment il ne pourchassait pas ceux qui lui avaient causé tant de peine. La curiosité insatiable de la jeune femme ne cessait de l’étonnait et plus que ça, il s’étonnait de vouloir y répondre, comme s’il se sentait obligé de se justifier auprès d’elle alors qu’il n’y était pas forcé. D’une certaine manière, il voulait avoir la sympathie de la jeune femme, comme si c’était un besoin irrépressible et qu’il ne pouvait contrôler, s’arrêtant devant elle, il la jaugea du regard et eu un sourire en coin :

- Je vous trouve bien curieuse mademoiselle Kitai… Et votre curiosité pourrait vous perdre un jour surtout que d’après ce que je vois… Tout le monde a ses secrets !

L’allusion à la feuille tranchée en deux était à peine masquée, comme s’il cherchait à la bousculer un peu, à la titiller sur un sujet sur lequel elle n’était visiblement pas à l’aise. Cependant et malgré cette tentative de déstabilisation, Kyosuke ne portait que très peu d’intérêt au phénomène qui venait d’arriver. Ce qu’avait fait la jeune femme la regardait et si elle estimait ne pas vouloir en parler, il n’était pas du genre à fouiller dans son histoire pour mieux comprendre… Du moins pas maintenant.

- Je pourrais vous dire que je me pose là en gardien de la mémoire de ma maîtresse, que je compte entretenir cet endroit pour assurer le repos des anciens propriétaires, mais ce n’est pas le cas… La vérité c’est que…

Kyosuke respira lentement, prenant un air sérieux et presque grave avant de finalement reprendre la parole en affichant une mine blasée et un peu gênée :

- Mon dernier bateau a coulé lors d’une tempête en emportant les cartes que j’avais… Et vu mes talents de navigation, je n’ai pas osé reprendre la mer depuis…

Les joues du jeune homme s’empourprèrent une fois qu’il finit sa phrase, comme si la gêne prenait une totale possession de son corps. Finissant par sourire maladroitement, encore plus perturbé par le regard de la jeune fille qui devait certainement le trouver ridicule, il murmura :

- Si j’avais le moyen de quitter cette ile pour traquer ceux qui ont détruit ma vie… Je le ferais…

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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Mar 30 Oct - 21:48

"Un bateau et une navigatrice ?"

Le soleil continuait lentement sa course dans le ciel, toujours à mi-parcours, il venait nous baigner de ses rayons chauds et lumineux, fier et généreux comme s'il voulait faire un affront aux nuages que l'on pouvait apercevoir loin vers l'horizon. Kyosuke c’était rapproché de moi, il avait fini par m’expliquer que son bateau avait coulé et qu’il n’avait absolument aucun talent pour la navigation ce qui pouvait s’avérer problématique pour naviguer, et que c’est pour cela qu’il était coincé ici, sur cet île, dans ce manoir délabré. Je ne pus m’empêcher de sourire alors que lui, semblait être gêné de la situation, au bout d’un moment j’eus même la chance d’apercevoir un changement de couleur au niveau de ses joues, un charmant teint rosé, témoins d’une certaine gêne. Il aurait été un mensonge de dire que je n'avais pas trouvé cela attendrissant ! Il avait ce sourire maladroit qui avait complètement fait disparaître l’aura de haine et d’envie de vengeance qu’il portait en lui. Comme si ce sourire, quelque peut innocent, le rendait inoffensif. Alors que je savais bien qu'il était tout le contraire d’inoffensif.

Mais au fond de moi, il n’y avait qu’une seule chose qui me tracassait, cette feuille gisant au sol. Et sa réaction, qui montrait bien qu’il avait remarqué ce détail, ses mots, sur un ton tout à fait provocateur et accompagnés d’un subtil sourire en coin m’avaient étrangement déstabilisé. Je ne savais pas si je devais répondre où non… Si la révélation de cette espèce de capacité que j'avais à couper des objets en contrôlant l'air ambiant valait la peine d'être faite, si cela risquait de me mettre en conflit avec lui, ou si tout simplement il n'y prêterais pas plus d'attention que ça... Trop de questions défilèrent dans ma tête, et au final toutes disparurent. Après tout, j'aimais vivre dangereusement, prendre des risques ! Il fallait vivre sa vie sans regretter, et parfois, parler sans réfléchir ! Je me lançais :

-En effet, tout le monde à ses secrets… Mais celui-là n’en est pas vraiment un… Il s’agit plutôt, d’une arme spéciale.


Ayant repris contenance, et tendant mon bras vers un buisson décoratif situé près des escaliers sur lesquels nous étions assis, et, qui, visiblement n’avait pas été taillé depuis un bon moment, j’entrepris donc de l'utiliser pour illustrer mes propos. D’un geste simple et rapide du poignet, comme munie d’une épée invisible, je découpais quelques branches du buisson. Celles-ci tombèrent au sol, une coupure nette au bout de la tige.

-Il n’y a pas que vous qui puissiez trancher … -murmurais-je à Kyosuke, sur un ton de défi mon regard plongé dans le sien, un léger sourire aux lèvres, comme par vengeance.

Revenant à la discussion précédente, je repris un air un peu plus sérieux. Mais détournais quand même le regard, par gêne, par peur de la réaction de l’homme au vue de mon « pouvoir » plutôt peu commun… Les yeux rivés sur la ligne d’horizon, prenant une inspiration pour me calmer un peu, je pris la parole.

-Je comprends mieux le fait que vous restiez ici. Mais, vous savez… Je suis navigatrice, et je ne serais pas contre un peu de compagnie dans mes voyages en mer… Surtout que, j’ai tendance à naviguer sans but précis, tant que je suis libre, je ne demande rien d’autre ! Alors si ça peut vous aider je suis là, et j’ai un bateau !


J’avais finis par regarder mon interlocuteur, lui adressant un clin d’œil, comme une gamine qui aurait passé un accord avec un autre garçon de son âge, des échanges de billes en verre, pierres colorées et autres trésors en poche. Sauf que là il s’agissait bien de former une sorte de micro-équipage avec un homme que je ne connaissais que depuis une petite heure. Seulement, il me paraissait, droit et juste, et il y avait aussi quelque chose en lui, une chose indescriptible qui me donnait confiance. J’avais cette impression, que le fait de partir à l’aventure avec lui serait le début de quelque chose de grand…


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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Ven 2 Nov - 1:45

Alors que la gêne semblait se dissiper, Kyosuke sentit une bouffée de bien-être monter en lui au fur et à mesure que ses joues reprenaient une teinte à peu près normale. Il ne s’était pas senti mal à l’aise depuis si longtemps que le fait de paraitre ridicule semblait le déranger et en même temps le soulager, comme si sa bêtise lui rappelait qu’il était humain et encore capable d’éprouver quelque sentiments autres que la rancœur et la mélancolie. C’était la première fois que cela arrivait depuis la mort d’Emma et étrangement, il se rendit compte que cette facette de sa vie, joyeuse et innocente, lui avait énormément manqué. Gardant finalement un léger sourire sur les lèvres qui contrastait avec son habituelle tête d’enterrement, il regarda la jeune femme dans les yeux comme pour essayer de lire en elle, tenter de mieux la connaitre sans pour qu’elle ait pour autant à se dévoiler.

Il voyait en elle l’intérêt qu’elle lui portait, comme un papillon attiré par la lumière d’une ampoule luisant faiblement dans une pièce sombre. Elle portait comme une sorte de fascination étrange au personnage qu’il était, comme si elle n’en avait jamais vu de semblable, ce qui était au final peut-être le cas… Rencontrer des spécimens aussi étranges et solitaires que Kyosuke ne devait pas être très commun. Derrière cette curiosité malsaine qui était au centre de leur rencontre, le bretteur pouvait cependant lire sur son visage quelque chose d’autre, comme une sorte de gêne ou d’anxiété qui n’était pas là quelques secondes auparavant. En y réfléchissant un peu, cela devait sans doute être la réaction à la légère provocation faite par l’épéiste à propos de la feuille tranchée en deux. L’idée qu’il ait lui aussi troublé son interlocutrice le fit sourire de plus belle alors qu’elle-même se lançait finalement dans des explications qui semblaient bruler ses lèvres depuis quelques secondes. Elle qualifiait son talent comme d’une arme spéciale, l’utilisant ainsi comme un terme de combat. Etait-elle plus redoutable que ne le laissait présager ses bonnes manières et son joli minois ? Peut-être.

Tendant son bras devant elle, elle effectua quelques gestes de la main d’une précision redoutable et ayant pour effet de faire tomber au sol quelques branches d’un bonzaï situé sur la table de l’entrée. Redoutable, efficace mais également d’une rare beauté, voilà comment Kyosuke avait interprété la démonstration. Légèrement surpris, il ne pouvait qu’admirer la prestation de son invitée, fasciné par la grâce de ses faibles mouvements mais également par le talent dont elle avait fait preuve. Il avait toujours été fasciné par tout ce qui pouvait couper et trancher, c’était d’ailleurs pour cela qu’il était devenu un épéiste plus ou moins talentueux et qu’il vouait un véritable culte aux lames. Il était donc naturel qu’il reste un instant stupéfait par un tel pouvoir. Se retournant vers elle un sourire aux lèvres, il ne faillit presque pas faire attention à sa petite provocation qui pourtant suffit à lui faire encore plus apprécier la jeune femme qui ne cessait de le surprendre :

- Je dois bien avouer que c’est utile… J’imagine que vous avez mangé un fruit du démon ! J’ai rencontré plusieurs personnes ayant goûté à ces fruits maudits, mais je n’en avait jamais rencontré capable de faire ça…

La jeune femme avait légèrement détourné le regard, ce qui attendrit étrangement l’ancien majordome qui trouva sa réaction tout à fait étrange. Alors qu’elle reprit la parole, se fut alors à son tour d’être gêné et de ne plus vraiment savoir où se mettre : elle l’invitait à prendre la route, à s’en aller avec elle alors qu’ils ne se connaissaient que depuis peu, c’était un peu précipité ! Pourtant, la proposition de la charmante demoiselle était la meilleure chance pour Kyosuke de partir à la recherche du père d’Emma et sans doute la seule solution qu’il avait de quitter l’île sans risquer de mourir en mer. La jeune femme aimait naviguer et devait sans doute se débrouiller mieux que le bretteur en ce qui concerne le voyage marin, ce qui était une aubaine. Se mordillant légèrement la lèvre inférieure, il prit un instant pour réfléchir, comme si le fait de choisir entre le voyage et le manoir le déchirait de l’intérieur. Etait-il finalement prêt à partir définitivement, sans retour possible avant que sa vengeance soit accomplie ? Sans doute…

- Eh bien, je suppose que ce n’est pas une mauvaise idée de faire un bout de chemin avec vous, je dois dire que vous êtes assez… Intrigante ! Et puis si jamais vous devenez trop pénible, je pourrais toujours vous jeter à l’eau, il parait que les possesseurs des fruits du démons ne savent pas nager !

Le ton légèrement moqueur et son petit sourire en dirent long sur ses pensées au sujet de l’éventualité de jeter sa camarade à la mer. Même s’il ne la connaissait que depuis peu, il sentait au plus profond de lui que suivre la jeune femme sur la mer leur permettrait de vivre une histoire hors du commun, leur histoire, tout comme il avait écrit son histoire avec Emma il fut un temps. Cette idée le mit d’ailleurs un peu mal à l’aise et il reprit :

- J’ai quelques affaires à aller chercher, des adieux à aller faire… J’ai des sacs de vivre dans la remise, c’est la porte juste au-dessous des escaliers. Je vous propose de se donner rendez-vous à votre bateau pour enfin… Partir…

Même s’il en mourait d’envie, les derniers mots lui firent comme un pincement au cœur et l’émotion put se lire sur son visage qu’il détourna le plus rapidement possible pour ne pas qu’Hana puisse le voir. Prenant le chemin vers l’étage, il s’arrêta à mi-chemin :

- A tout à l’heure… Hana

Pour la première fois, il réussit à dire son prénom, signe qu’il montrait vraiment un intérêt à la jeune femme. Ce n’était absolument pas son genre d’appeler les gens par leur prénom, son éducation de majordome lui ayant appris à rester le plus poli et respectueux possible ou, s’il rencontrait des idiots, le plus condescendant possible. Mais pour la jeune femme aux cheveux rouges, il avait finalement décidé de faire un effort : après tout, ils formaient une sorte d’équipage à présent !

Grimpant les marches deux à deux, il finit par disparaitre dans les ténèbres du manoir…
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Sam 3 Nov - 22:24

"La fin d'une chose annonce toujours le commencement d'une autre"


Les secondes me parurent très longues pendant que Kyosuke réfléchissait à ma proposition. Si l’on résonnait par logique, il ne pouvait pas faire autrement que d’accepter, son envie de vengeance et le fait qu’il soit coincé ici, qu’il n’ait aucun talent de navigation… Tout cela ne pouvait que l’encourager à me suivre. Seulement, le cerveau humain est absolument incompréhensible, et si un doute subsistait, il pouvait refuser, sans même qu’il sache pourquoi ! J’espérais vraiment qu’il choisirait la logique, car, j’ignorais pourquoi, mais je me sentais incapable de partir de l’île, seule. Etait-ce parce que la navigation solo ne me convenait pas ? Ou parce que Kyosuke était quelqu’un que j’avais envie de mieux connaître ?

Finalement, Kyosuke reprit la parole, il accepta de m’accompagner, ajoutant avec un ton plutôt moqueur que si, par malheur, je l’énervais trop, il pourrait me jeter à l’eau. Et je ne pus me retenir de rire à cette menace, car après tout, je sentais bien qu’il n’oserait pas faire ça. Au fond de moi, j’étais persuadée qu’il n’était pas méchant, que si on se contentait de faire notre vie, et de ne rien faire qui aille à son encontre, il pouvait se montrer assez joyeux. D’ailleurs, il suffisait de voir son changement d’humeur entre le moment où j’avais débarqué dans le manoir, et le présent. Il était passé d’un visage fermé, lugubre, à un air plus détendu, et même un sourire aux lèvres.

-Si vous me jetez à l’eau, je mourrais surement… Mais vous mourrez aussi, perdu en mer, sans votre navigatrice ! –Riais-je, un ton légèrement boudeur, comme faussement heurté par la menace de mon interlocuteur.

Reprenant la parole, Kyosuke me donna rendez-vous au bateau pour le départ. Il avait quelques affaires à préparer, surement un besoin de se recueillir une dernière fois dans le manoir… Mais après tout, c’était personnel, et ma curiosité, bien que très envahissante, ne l’était pas au point de m’immiscer dans ce moment « d’adieux » avec son passé, en quelque sorte. De plus, il avait détourné le regard, comme touché par ce départ. Je me contentais donc simplement de lui répondre par un sourire, et un léger « à tout à l’heure… », Légèrement perturbée par le fait qu’il ait prononcé mon prénom.

Quelques minutes plus tard, une fois que l’ancien majordome eu disparut dans la pénombre du premier étage, je me dirigeais à l’endroit qu’il m’avait indiqué, là où se trouvaient les vivres. Ouvrant la petite porte en bois qui était sous les escaliers, je m’enfonçais à mon tour dans l’obscurité. Reculant de quelques pas, je récupérais une bougie encore allumée sur une petite table dans le hall d’entrée. Ainsi équipée je pus retourner dans l’espèce de cave qui était faite le plus simplement du monde. Des murs en pierre, et des étagères qui faisaient le tour de la pièce. Certaines étaient vides, et d’autres pleines d’aliments en tout genre. D’un côté, du vin et des bouteilles d’eau, d’un autre des pommes de terres, courges, et autres légumes plutôt nourrissant, et puis de la viande séchée, du saucisson, du jambon cru… Il y avait de tout dans cette pièce ! Me munissant d’un panier et de deux sortes de cagettes qui étaient posées sur une table au milieu de la pièce, je pris les vivres qui me paraissaient indispensable pour survivre en mer, beaucoup d’eau et de pommes de terre, pas mal de viande… Il fallait que je prenne en compte les vivres qu’il me restait au bateau, et aussi le fait que nous serions désormais deux à naviguer !

Au bout d’un petit quart d’heure, mes cagettes étaient pleines, et tout cela me semblait bien orchestré, et suffisant pour quelques semaines en mer sans ravitaillement. Je pris toute les provisions avec moi, c’était lourd mais j’étais habituée à porter des choses lourdes, quand on est seule sur un bateau, on fait comme on peut ! Je me dirigeais alors vers la plage où j’avais laissé mon embarcation. Passant par le hall, traversant une partie de l’île, pour finalement descendre la pente qui menait à la petite crique, et à mon bateau. J’eus le temps de tout ranger dans la calle avant de remonter la petite pente, et attendre Kyosuke. J’avais pris soin de l’attendre plus haut, car je pensais qu’il ignorait où était mon bateau, et, ainsi debout au milieu de la plaine dont était constituée l’île, il ne pourrait pas me louper !

En effet, au bout d’un certain temps, je ne saurais pas dire exactement combien de minutes. Mon compagnon d’équipage -puisqu’il nous étions maintenant un équipage, de deux personnes- arriva, descendant à nouveau la pente, et arrivant sur la plage, je lui fis une légère visite du bateau, qui n’était pas très grand, mais bien suffisant pour deux ou trois personnes. Il y avait le pont, puis une grande pièce qui me servait de chambre, je n’y avait qu’une sorte d’armoire avec mes cartes, et un hamac, car je trouvais cela moins contraignant qu’un lit, surtout lorsqu’il y avait des vagues -car lorsque les vagues sont fortes, on peut tomber du lit-. Je lui montrais aussi la cale, où je mettais les vivres, et où j’avais le nécessaire pour cuisiner. J’avais l’habitude de manger sur le pont. Je lui expliquais tout cela, contente d’avoir enfin quelqu’un avec moi sur ce bateau.

-Voilà ! Alors, t’en pense quoi ? Toujours prêt à partir avec moi, Kyosuke ?


J’avais prononcé cette phrase, toute contente, mais un quart de seconde plus tard, je m’étais rendue compte que je venais de le tutoyer. C’était normal du point de vue où, désormais nous étions coéquipier sur le bateau. Mais je me sentais plutôt mal à l’aise. C’était venu naturellement, alors je supposais qu’il ne le remarquerait pas, ou qu’il se contenterait de me tutoyer aussi ! Après tout ! Nous allions surement passer beaucoup de temps sur ce bateau, à naviguer un peu partout sur blue seas !
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MessageSujet: Re: "Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]   Dim 4 Nov - 0:28

La pénombre l’engloutissait, s’enroulant autour de lui au fur et à mesure qu’il s’enfonçait dans le manoir en silence, laissant les ténèbres l’envelopper de leur voile mystique jusqu’à totalement le faire disparaître. Le bruit du parquet craquait sous ses pas, au fur et à mesure qu’il avançait inexorablement. Les ombres qui se dessinaient sur les murs de temps à autres ne l’effrayaient pas, il était bien trop habitué à cet endroit pour avoir peur. Au fil des années il avait appris à connaitre chaque parcelle du manoir, chaque bruit et chaque recoin de cet immense endroit tant et si bien qu’il aurait pu déceler le moindre changement aussi petit soit-il d’un simple coup d’œil. C’était pour cela qu’il avançait, comme guidé par une force surnaturelle qui le transportait sans qu’il ait besoin de la moindre visibilité. Il errait dans les couloirs tel un fantôme flottant dans les airs et ce sans doute pour la dernière fois.

Etrangement, il n’aurait jamais imaginé que son départ se passe comme ça, si brutal et si désorganisé. A dire vrai, une partie de lui espérait ne jamais quitter cet endroit qui lui était si cher, comme s’il avait secrètement espéré qu’il allait mourir ici auprès de la femme qu’il avait longtemps aimé. Il voyait cette sédentarisation forcée comme une sorte de pénitence à l’idée d’avoir failli à sa tâche de serviteur et protecteur, une punition qu’il s’infligeait pour avoir vécu alors qu’elle était morte. Mais d’une certaine manière, il savait que ce n’était pas suffisant et que ce ne serait pas quelque chose qu’Emma approuverait. C’était pour cela qu’il avait accepté la proposition de Hana, qu’il s’était finalement décidé à prendre la route quitte à tourner le dos à ce qu’il apparentait à un foyer, l’unique qu’il ait jamais eu à dire vrai. Alors qu’il arrivait dans sa chambre, celle dans laquelle il avait passé son enfance, sa gorge se noua.

Pendant un court instant, il eut envie d’ouvrir la fenêtre et d’hurler à la jeune femme aux cheveux rouges que finalement il ne partait pas, qu’il souhaitait rester ici à jamais. Pourtant, il lutta contre cet irrépressible sentiment et serra les poings, prenant son sac pour le remplir de ses affaires au plus vite, son désir de rester s’étant soudain transformer en un besoin pressant de quitter les lieux au plus vite. En deux temps trois mouvements, il avait fini d’emballer le minimum vital et soupira, se laissant tomber sur son lit. Durant un long moment il resta inerte, scrutant le plafond dont il connaissait chacune des fissures, l’inspectant une toute dernière fois avant de partir. Dans quoi s’embarquait-il ? Il l’ignorait… Cependant, il ne pouvait plus faire marche arrière et après de longues minutes allongé, il finit par se lever, s’emparant de ses épées et de son sac et passant par la porte de derrière pour aller jusqu’à la colline du jardin.

Respirant de bonnes bouffées d’air frais, il regarda un instant le ciel, essayant de déterminer combien de temps il restait avant la tombée de la nuit. S’ils partaient maintenant, ils auraient le temps d’établir une feuille de route avant que le soleil ne se couche et pourraient dormir au large, tranquilles. Mais Kyosuke ne pouvait prendre le large sans avoir fait ses adieux à Emma. En silence, il s’approcha de sa tombe et s’y agenouilla pendant plusieurs minutes, les yeux clos et les mains posées sur ses genoux. Il n’arrivait pas à exprimer ce qu’il ressentait à cet instant, la détresse qui l’animait mais également ses convictions qui se voulaient fortes et qui devaient l’emmener sur les mers. Il aurait tant pu tenir un long monologue, une ultime discussion avec la femme qui avait été absolument tout pour lui… Mais il en était incapable… Incapable de lui dire qu’il était sincèrement désolé pour elle, incapable d’exprimer sa tristesse à l’idée de la laisser derrière, incapable d’émettre ses ambitions, ni même de pleurer afin d’exprimer son chagrin. Il lui était impossible de laisser ses sentiments exploser au grand jour, et ce même s’il voulait hurler à quel point elle comptait pour elle. Il était incapable de lui dire que pendant toutes ses années, elle avait été son monde, qu’il n’avait vécu que pour elle… Après tant d’années, il était incapable de lui dire un dernier : « Je t’aime… ». Alors qu’une unique larme perlait à ses yeux, il se mordit les lèvres et murmura :

- Je reviendrais Emma… Je te le promets…

Sans savoir si sa phrase était réellement destinée à la défunte où s’il ne l’avait dite que pour se rassurer, Kyosuke tourna les talons et rentra au manoir qu’il traversa sans s’arrêter. Lorsqu’il arriva devant le pallier de la porte, il hésita à en franchir le seuil et inspira profondément avant de finalement se lancer. Dehors, Hana l’attendait et l’emmena avec joie sur son bateau. Alors qu’elle lui faisait visiter, il fut comme attiré par son enthousiasme et en oublia presque la douleur qu’il avait en quittant son bercail. Elle semblait tellement pleine de vie, tellement enjouée par leur départ que c’en était presque contagieux. Déposant ses affaires dans un coin du bateau en attendant d’avoir une place fixe, il a regarda s’enthousiasmer et vit sa gêne lorsqu’elle se mit à le tutoyer. D’une certaine manière, il trouvait ça mignon et était au moins tout aussi gênée qu’elle, comme un enfant. La regardant dans les yeux, il finit par sourire :

- Oui, je suis prêt à faire la route avec toi !

Son ton avait presque semblé enfantin et il rougit presque en s’en rendant compte. Heureusement, Hana commençait déjà à lever l’ancre et bien vite, leur navire prît la mer en direction de l’horizon. Debout sur le pont, alors que sa navigatrice les menait vers l’inconnu, Kyosuke regardait le manoir s’éloigner… Et même s’il espérait revenir un jour, il sût à partir de cet instant que jamais il ne regretterait son départ…
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"Sans prise de risque, pas de surprise" [Hatsuo Kyosuke & Kitai Hana]

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