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 [FB]Les vestiges du passé engendrent un brillant futur

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MessageSujet: [FB]Les vestiges du passé engendrent un brillant futur   Sam 3 Nov - 2:24

Le silence, voilà tout ce qu’avaient toujours chéri les plus grands érudits et les hommes les plus sages. C’est dans le silence que l’on trouve la paix et la sérénité, dans le silence que l’on renoue avec soi-même et que l’on réfléchit le mieux. Gardien de la sagesse, on pourrait qualifier le silence comme la plus pure des choses qui soit : une beauté gracile au charme envoûtant et aux courbes parfaites qui, épousant le corps et caressant l’âme, viendrait susurrer à l’oreille de qui saurait l’admirer les secrets les plus inavouables et les vérités les plus dérangeantes. Beaucoup ont tenté de le dompter, de l’imposer à d’autres ou de le contrôler, mais le silence n’est pas quelque chose que l’homme peut maîtriser, il ne peut que profiter de sa présence en jouissant de ces quelques instants que ce dernier lui accorde… Un moment privilégié pour découvrir ou, dans certains cas, se redécouvrir.

Allongé au fond de sa baignoire, Kyosuke tentait d’appeler à lui le silence. Seul son cœur résonnant dans sa poitrine rompait l’absence de bruit ambiant qu’appréciait tant le jeune homme. Son corps était totalement immobile, plongé sous plusieurs litres d’eau qui formaient autour de lui un cercueil azur et liquide qui le submergeait totalement, laissant seulement quelques bulles d’air troubler sa surface. Le jeune homme aurait pu paraître mort pour quiconque entrerait dans la pièce, restant totalement inerte et essayant de faire le vide dans sa tête. Il resta un moment sous l’eau, en apnée alors que son esprit voguait ailleurs, dans des contrées bien éloignées de la chambre dans laquelle il séjournait, au cœur même du royaume de Bliss… Dans le désert pour être exact. Il avait besoin de s’évader, de quitter son corps et sa condition d’homme sans avenir pendant un moment juste pour ne pas oublier son passé, ne pas oublier qui il était.

En effet ces derniers temps, les voyages s’étaient enchaînés pour l’épéiste qui ne connaissait quasiment plus le repos et il en avait presque oublié la quiétude de sa vie passée. Pourtant, il s’était juré de ne pas oublier ses origines, de ne pas oublier les sacrifices qu’il avait fait pour protéger Emma, pour la défendre corps et âme. Certes, il menait un train de vie tout à fait différent à présent, mais il avait été élevé selon des traditions qui le liaient au voyage et à la découverte du monde, la sédentarité ne faisant pas vraiment partie de son mode de vie habituel. Il lui arrivait de rester au manoir pendant des mois pour veiller sur la tombe de sa protégée mais parfois, il sentait l’appel de l’extérieur grandir en lui, comme un cri venant du fond de son cœur et le suppliant de renouer avec le monde qui était le sien. Il lui arrivait de rêver d’un lointain pays, où les gens l’aimeraient comme le plus précieux des amis. Il entendait l’écho de leurs joies monter à l’infini, leurs voix chanter en lui qu’il était fait pour cette vie. Il avait essayé de lutter contre ça, sachant que sa place était à présent aux côtés de sa défunte maitresse… Mais il ne pouvait nier ressentir l’espoir que quelque part au-delà des dunes, quelqu’un était en train de l’attendre, de l’appeler : son ancien maître, celui que la mère d’Emma avait engagé pour l’éduquer dans tous les domaines où il devait exceller. Une sorte de second père pour lui : un homme du désert qui avait su lui apprendre ce qu’était le combat et surtout ce qu’était la vie…

Soudain, il ouvrit les yeux, émergeant de l’eau en prenant une grande bouffée d’air, de fines gouttes dégoulinant de ses cheveux jusque sur son torse, épousant la forme de ses muscles en glissant sur ses plaies fraichement cicatrisées. Son visage était totalement impassible et sa respiration lente contrastait avec l’étrangeté de son regard, ses yeux trahissant le mal-être qu’il vivait en ce moment même. Il passa lentement la main autour de son cou, massant ce dernier qui était encore douloureux à cause d’une altercation avec une vieille bonne femme qui lui avait donné un léger mal de cou et qui avait tenté de l’étrangler car il ressemblait à son ex-mari, tentant de le mordre comme un vampire avec son dentier. Ses pieds se posèrent hors de la baignoire alors qu’il portait une main à son ventre, grimaçant légèrement à cause d’une blessure récente et qui n’avait pas encore totalement guéri. Son corps était grandement meurtri, comme s’il avait lutté sans interruption pendant plusieurs jours. Les nouvelles marques de combat avaient depuis longtemps recouvertes les anciennes cicatrices et la peau du jeune homme semblait avoir été ravagée par les batailles. On disait que chaque marque sur le corps d’un homme racontait une histoire, que chaque entaille était un souvenir et que chaque cicatrice était le témoignage d’un évènement passé. Aussi en voyant le corps nu du garçon on aurait pu penser qu’il avait vécu énormément de choses, surtout ces derniers temps… Mais il n’en était rien. Tout cela n’était que le fruit de ces entrainements interminables, de ces journées entières à repousser ses limites qu’il s’infligeait sans cesse pour devenir plus fort mais aussi et surtout pour oublier… Oublier le quotidien et les problèmes, voilà ce à quoi aspirait le bretteur lorsqu’il entretenait son corps.

Kyosuke sortit de la salle de bain habillé de son habituel manteau noir, emmitouflé dans ce dernier au point de disparaître complètement dessous. Il foulait le sol de l’appartement comme une ombre, semblant presque immatériel, inexistant. C’était ce don qu’il avait d’avoir à la fois une présence extraordinaire et le pouvoir de disparaitre aux yeux du monde, de s’effacer de la réalité pendant un court instant durant lequel il vivait dans une autre dimension, une autre réalité dont il était le seul maître et à partir de laquelle il pouvait observer le monde d’un œil nouveau sans que celui-ci ne puisse prendre conscience de sa présence. Ce pouvoir, il le devait à sa discrétion et surtout à ce manteau qui dissimulait son existence et le protégeait de l’extérieur. C’était un peu sa carapace et le seul endroit où il se sentait à l’aise. Soupirant de lassitude, il jeta alors un coup d’œil par la fenêtre : dehors, la nuit était depuis longtemps tombée, le soleil si apprécié des habitants de Bliss ayant cédé sa place à l’astre lunaire qui illuminait de ses rayons le village du royaume. L’horloge annonçait une heure tardive mais malgré cela le jeune homme ne semblait pas résigné à aller dormir, trop troublé en cette nuit pour se laisser séduire par les bras de Morphée.

Il se rendit ainsi sur le toit, surplombant ainsi une partie de la ville alors que la voûte étoilée se dressait au-dessus de sa tête telle un bouclier immatériel qui le protégeait des foudres divines. La beauté des cieux à cette heure et à cette période de l’année était inégalable, éblouissant les terres de la lueur des étoiles tout en nimbant le monde de cette atmosphère mystique et pourtant si attirante. L’élégance de la nuit était magique et les courants d’airs si doux enivraient presque l’ancien majordome qui se délectait de cette ambiance dont il était si friand. Devant lui se dressait donc le village principal du royaume de Bliss, une sorte de second foyer, un endroit qu’il avait fréquenté durant sa jeunesse lorsqu’il était parti plusieurs mois se former à l’art du combat. A la vue des bâtiments s’empilant les uns sur les autres, le jeune homme afficha un petit sourire : il se souvenait encore des premiers jours qu’il avait passé ici, des sentiments qu’il avait pu éprouver la première fois qu’il avait été séparé d’Emma. Il se rappelait de ces hommes, de ces femmes, de cette population qui l’étouffait, de l’impression d’emprisonnement qu’il avait ressenti la première fois qu’il avait marché dans les rues bondées du village, du sentiment de mal-être qui était né en lui quand il s’était rendu compte qu’il n’avait peut-être pas sa place ici. Il se remémorait encore le dégoût qu’il avait eu pour les ruelles étroites et la surpopulation, lui qui avait un instant pensé pouvoir fuir cela en assistant son amie au manoir. L’odeur des échoppes qui le prenait au nez l’avait insupporté et le bruit assourdissant avait vite fait de le mettre hors de lui… Mais aujourd’hui tout ça était bien loin. Il s’était habitué à la foule et avait pris goût aux senteurs du village et au vacarme qui était devenu un fond sonore quasiment indispensable dans sa vie, que ce soit dans une capitale remplie de marine ou même ici. Le village avait un charme qu’il n’avait connu que tard durant sa jeunesse et qu’il avait su apprendre à apprécier au fil du temps. Il avait à présent des amis ici, des proches qui même s’ils n’étaient pas lié à lui par le sang, l’étaient par le cœur. Des gens qu’il avait rencontré pour la première fois il y a des années qui avaient su l’héberger son maitre et lui et qui aujourd’hui étaient toujours aussi hospitaliers. Même si son foyer lui manquait, il savait qu’il aurait toujours un endroit où il était accepté.

Le bretteur s’assit alors sur le bord du toit, les pieds pendant dans le vide alors qu’en contrebas, quelques animaux domestiques semblaient se disputer les restes provenant d’une poubelle renversée. Des rires au loin trahissaient la présence d’enfants qui malgré l’heure tardive semblaient jouer dans leur coin. C’était étrange de voir à quel point la nuit le monde semblait différent, comme piégé dans une intemporalité qui rendait les détails les plus banals comme étant des trésors précieux. Le jour le monde semble insipide, monotone et répétitif alors que la nuit, chaque instant est un moment unique où tout semble atteint d’une magie inexplicable. C’était pour ça que Kyosuke préférait la nuit, car elle seule avait toujours su le surprendre et lui offrir ses plus beaux moments. Il se rappelait que chaque soir, avant d’aller se coucher, son maître l’emmenait voir les étoiles et lui contait l’histoire d’un grand héros du passé, racontant que chacun d’entre eux devenait un astre lumineux qui rejoignait le ciel pour veiller sur les vivants. Aujourd’hui, même si les contes de fée étaient bien loin, il admirait toujours autant les étoiles.

Au loin, on pouvait apercevoir les remparts gigantesques qui entouraient le village, protégeant ce dernier autant d’une invasion que du désert lui-même. Ces robustes constructions de pierre se dressaient fièrement autour des habitations et nul ne pouvait vraiment prétendre à les détruire, ce qui rassurait les habitants. Mais plus qu’un moyen de protection, Kyosuke voyait la muraille comme un obstacle le séparant du désert, du monde de sa formation. Il savait qu’au-delà de ces murs se trouvait toutes les réponses à ses questions, tout ce qu’il chérissait, tout ce qui constituait les bases de son enseignement. Et au final, il se doutait qu’il ne pourrait avancer tant qu’il n’aurait pas renoué les liens avec son histoire. Il aurait voulu à cet instant pouvoir questionner les étoiles sur quoi faire, et après plusieurs heures de réflexion, il sombra dans un profond sommeil plutôt agité.
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MessageSujet: Re: [FB]Les vestiges du passé engendrent un brillant futur   Sam 3 Nov - 2:25

Sa respiration était haletante, son cœur semblait être sur le point d’exploser. Son corps meurtri semblait ne plus être en mesure de continuer mais malgré tout il ne pouvait se résoudre à arrêter sa course. Ses plaies saignaient abondamment, sa poitrine lui faisait mal alors que ses côtes perçaient un peu plus ses poumons à chaque pas. Il avançait pourtant, sans faire de pause, sans réfléchir, comme si sa vie en dépendait. Tout semblait noir autour de lui, vide et triste alors qu’il avançait sans réel but vers une destination inconnue et qu’il n’atteindrait sans doute jamais… Mais il continuait, déterminé, cherchant à fuir et s’éloigner de quelque chose d’inconnu. C’était primordial qu’il puisse s’en aller et partir au loin, comme si un démon était à ses trousses. Pourtant, il n’avait pas l’impression d’avancer et manqua de trébucher sur quelque chose ou plutôt quelqu’un… Un corps jonchait le sol, apparemment déchiqueté et les organes à vif. L’odeur de chair consumée lui parvint au nez et il manqua de vomir sur le cadavre, contenant ses nausées avant de se retourner et de constater avec horreur une armée de morts rampant et le pourchassant. Derrière eux, une caravane semblait s’éloigner au loin vers un halo de lumière.

Le cœur de Kyosuke ne fit qu’un bond : hurlant à la mort, il se précipita vers la lumière, faisant face aux abominations qui fondaient sur lui. Il essaya de se faufiler entre elles, luttant avec le peu de force qui lui restait contre ces créatures abjectes qui essayaient en vain de s’accrocher à lui. Il se débattait alors que les monstres redoublaient d’efforts et que la caravane s’éloignait encore plus. Il criait, gesticulait alors qu’une larme perlait au coin de son œil. Derrière la caravane, une sorte de ver géant semblait surgir de nulle part, se précipitant vers la lumière avant d’engloutir la caravane. Le spectacle figea le bretteur sur place alors que des bras en décomposition agrippaient ses vêtements. Il se sentait vide, mort et peu à peu il s’enfonça dans le sol alors que les cadavres s’accrochaient à lui, se laissant faire. Il avait perdu sa combativité, sa raison de vivre… Et alors qu’il disparaissait dans les ténèbres, tétanisé, il entendit une voix… Familière mais à laquelle il ne sut donner de nom :


- Pars… Pars très loin et ne reviens jamais…

***

Il se réveilla en sursaut, les mains tremblantes et la respiration saccadée, son front recouvert de sueur. A l’instant même où il ouvrit les yeux, il fut aveuglé par la lumière éblouissante du soleil, grimaçant et tentant d’atténuer l’agression visuelle en mettant sa main devant lui, clignant des yeux à plusieurs reprises pour faire disparaitre les troubles de la vision dont il était victime. Alors qu’il reprenait connaissance, il entendit les voix des passants en contrebas qui semblaient mener une vie paisible, indice qui prouvait que la journée avait déjà été bien entamée. Kyo resta un long moment assis, cherchant à calmer son rythme cardiaque en inspirant de grandes bouffées d’air. Le rêve, ou plutôt le cauchemar qu’il avait fait l’intriguait au plus haut point, comme s’il avait une signification qu’il n’arrivait pas à saisir. Il avait presque ressenti la peine et la douleur durant son songe, avait perçu la peur et la tristesse comme s’il l’avait déjà vécu. Mais il n’arrivait pas à le comprendre, ne savait pas comment l’interpréter. Il n’arrivait pas à lui donner un sens mais pourtant savait au fond de lui qu’il était le déclencheur de quelque chose de plus grand, le signal qu’il attendait pour prendre les choses en main : il était temps qu’il aille faire un tour dans le désert en quête de son passé, et il savait où aller.

Saisissant ses deux lames et ne prenant sur lui que peu de nourriture et deux gourdes remplies d’eau, Kyosuke prit la direction des portes de la ville avec une détermination qu’il ne s’était jamais connu auparavant lorsqu’il s’agissait de son passé. Même si sa vie d’avant lui manquait, il avait toujours redouté le moment où cette dernière le rattraperait et avait du coup fuit tout ce qui aurait pu le rattacher à son histoire. Ne pas affronter son passé n’était pas quelque chose qu’il avait réellement choisi, il se l’était imposé pour ne pas souffrir, par lâcheté et pour ne pas être déshonoré une nouvelle fois. Aujourd’hui cependant il ne pouvait plus reculer, il avait besoin de se retrouver et savait exactement ce qu’il devait faire. Arpentant les ruelles poussiéreuses du village, il se délecta un instant de l’ambiance du village. Certes, il avait toujours préféré le calme et le silence, mais il n’y avait nul doute que le village était en endroit au charme indéniable. Ici, tout semblait plus simple que lors de la vie dans le désert : ville à la fois chaude et robuste, chaleureuse et imposante, elle avait la beauté et la force, un charisme impressionnant et une présence intimidante. Plus qu’une cité, c’était une véritable fourmilière dans laquelle les habitants grouillaient pour lui donner vie, ouvrant les échoppes tout au long de la journée, criant et bougeant sans cesse. Tous vaquaient à leurs occupations solitaires mais pour le bien de tous, étant à la fois indépendants et soudés. Dans le désert, la vie était plus dure qu’ailleurs et tout le monde en avait conscience, c’était d’ailleurs pour cela que les habitants semblaient tous avancer comme un seul homme, ne laissant tomber aucun des leurs, ne délaissant personne. Chaque personne avait son importance, que ce soit le leader du royaume au sommet de son palais ou l’homme qui s’occupe de l’approvisionnement en eau, que ce soit les gardiens protecteurs du village ou les marchands les plus modestes. C’était cette importance de la vie en communauté qui plaisait au jeune homme et qui lui rappelait le lien d’interdépendance qu’il avait noué avec Emma. Mais aujourd’hui, il n’était pas question de penser au bien des autres mais seulement à ses propres desseins.

Ce ne fut qu’après plusieurs minutes de marche dans le village que Kyosuke finit par rejoindre l’entrée du village pour finalement arriver dans le désert aride du royaume de Bliss. Dehors, le vent soufflait de fortes bourrasques, soulevant le sable pour le faire virevolter et tourbillonner dans les airs. La mer de dunes s’étendait à perte de vue alors qu’un voile orangé crée par les particules de sable donnait une allure mystique à cette nature indomptable qui entourait le village. Une beauté sauvage que beaucoup redoutaient et qui aujourd’hui se donnait en spectacle sous les yeux émerveillés du bretteur qui sentait son cœur se remplir d’une chaleur indescriptible. C’était ici qu’il avait appris à se battre, entre ces dunes gigantesques et ce sol tellement pur qu’il restait immaculé même après le passage des hommes. C’était une nature vivante qui ne cessait de se renouveler et de changer de visage, à la fois douce et capricieuse, belle et menaçante. De tous les endroits de la planète, c’était le désert qu’appréciait le plus le jeune homme qui voyait en ces lieux la représentation même de la perfection. Pour beaucoup, le désert était dangereux et inhospitalier, mais pour quelqu’un qui été né là-bas, il suffisait d’être capable de le comprendre pour voir en lui l’endroit le plus sûr et le plus rassurant qui soit. Prenant une poignée de sable dans sa main, Kyo resta un moment immobile devant les portes, caressant les grains du bout de ses doigts. Pour lui, le désert était vivant et si on espérait entrer en son sein, il ne fallait faire plus qu’un avec lui. Jetant finalement la poignée en l’air en faisant se disperser cette poussière étrange, il finit par prendre la route.

Kysouke ne compta pas les heures qu’il passa à marcher, ne marquant de pauses que dans les différents oasis pour s’abreuver et reposer ses jambes. Les voyages dans le désert étaient un véritable challenge pour n’importe quel homme et se diriger au beau milieu de ces dunes mouvantes n’étaient possible que pour quelques personnes habituées à la rudesse de l’endroit. En effet, tout ici se ressemblait et pourtant tout était à chaque fois différent. De plus, les fortes bourrasques de vent qui s’étaient levées dans la journée rendaient la progression du bretteur difficile, ce dernier devant du coup faire face à une minuscule tempête de sable qui brouillait les rares repères qu’il avait pu prendre durant son périple. Les conditions pour se déplacer étaient désastreuses, le vent rendant la visibilité quasiment impossible et le sable griffant à plusieurs reprises le visage de l’ancien majordome qui avançait avec une main devant lui pour atténuer la difficulté de la marche. Le peu de ce qu’il pouvait voir du paysage n’aurait semblé d’aucune aide pour la majorité des gens mais pourtant, Kyosuke continuait à avancer, serein, comme guidé par une force mystique vers un point inconnu. A plusieurs reprises, le jeune homme manqua de tomber dans le sable, luttant contre la fatigue qui engourdissait chacun de ses membres. Il était pleinement conscient que s’arrêter maintenant signifiait se laisser aller à une mort certaine, aussi progressa-t-il encore plusieurs heures sans interruption avant de finalement s’abriter dans une minuscule grotte, cherchant le repos avant de repartir.

Pendant deux jours durant, Kyo lutta contre le désert en avançant dans les mêmes conditions, son corps le suppliant d’arrêter alors que la tempête se faisait de plus en plus violente. Bientôt, on put lire sur son visage les marques de son combat avec la nature, le visage entaillé par le sable et le vent eux-mêmes, le regard vide et cerné par le manque de sommeil, les lèvres desséchées par la soif. Mais il ne baissa pas les bras, car il savait que quelque part il trouverait ce qu’il cherchait. Lorsqu’il était plus jeune, son maître l’emmenait chaque mois dans un endroit que l’on appelait l’oasis funéraire : c’était un point d’eau entouré d’une végétation extrêmement dense et qui servait de cimetière aux peuples nomades. C’était là-bas que se trouvaient les tombes des membres des différents clans de voyageurs qui étaient mort pour les leurs et c’était là-bas que Kyosuke voulait se rendre. Son maître ayant fait partie de l’un de ces clans, il était lié d’une manière ou d’une autre à ces lieux et peut-être que le bretteur y trouverait ce qu’il cherchait. Il connaissait le chemin plus ou moins par cœur et nombreuses furent les fois où il avait hésité à s’y rendre, mais il n’en avait jamais trouvé le courage par peur de voir ce qu’il l’attendait là-bas. Il avait peur… Peur d’y voir la tombe de son mentor qui lui manquait tant, peur de ne pas y trouver les réponses qu’il cherchait mais surtout il avait peur de ne pas trouver la force de déterrer le corps de celui qui avait tant donné pour lui, redoutant cet instant où il allait le dépouiller de son bien le plus cher.


Dernière édition par Hatsuo Kyosuke le Sam 3 Nov - 2:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB]Les vestiges du passé engendrent un brillant futur   Sam 3 Nov - 2:26

Finalement, l’oasis se dessina sous les yeux du bretteur au bout de trois jours, immense et majestueux, comme une jungle luxuriante au beau milieu de l’immensité aride du désert. Les arbres s’élevaient haut dans le ciel, masquant quasiment les nuages une fois que Kyosuke se trouva à leurs pieds. C’était comme dans ses souvenirs, cet endroit où l’homme a une relation privilégiée avec la nature. L’oasis était une protection naturelle contre la tempête de sable et une fois que l’on avait pénétré à l’intérieur, l’impression d’être dans un monde totalement différent se faisait sentir. La faune et la flore se mariaient à la perfection pour donner un cadre idyllique aux voyageurs qui se retrouvaient ici. L’air semblait plus pur, l’eau plus saine et les animaux ne semblaient pas avoir peur de l’homme, bien au contraire. Au centre de l’oasis se trouvait un immense lac naturel autour duquel le sable avait cédé sa place à un sol beaucoup plus clair et stable. Autour de cette étendue d’eau, contrastant avec la beauté du cadre tout en l’épousant parfaitement, des pierres tombales ornées de plante siégeaient telles des gardiennes silencieuses autour du lac. L’aspect morbide et intimidant de ce lieu se mariait avec la splendeur et le sentiment de paix qu’apportait l’oasis en lui-même. Il était compréhensible que cet endroit ait été choisi par les nomades pour accueillir leurs morts et Kyosuke marqua un moment de recueillement pour honorer la mémoire des défunts. Par la suite, il s’avança un peu plus vers la partie de l’oasis réservée au clan de son mentor. Il se voyait plus jeune marcher aux côtés de ce dernier alors que celui-ci venait montrer à son élève où sa grand-mère reposait. Il se souvenait encore de chaque pas qu’il avait fait, de l’émerveillement et la peur qu’il avait ressenti en entrant en ces lieux, des mots qu’ils avaient eu tous les deux, de chaque instant qu’ils avaient partagés à méditer en silence :

- Oy le vieux, tu crois que je pourrais venir te voir quand tu viendras te reposer ici ?

- Bien sûr, et j’espère que tu viendras… Il est important de venir honorer les morts car ce sont eux qui veillent sur nous…

Ce souvenir noua un instant la gorge du jeune homme qui s’arrêta finalement devant deux tombes, s’agenouillant auprès de l’une d’elles en passant sa main pour enlever le sable qui la recouvrait. On pouvait lire un nom, celui de son maître gravé dans la pierre avec la date de sa naissance et de sa mort. A cet instant, Kyosuke se sentit défaillir, son cœur se resserrant dans sa poitrine alors qu’il déglutissait difficilement. Il se souvint être venu l’enterrer lui-même quelques années auparavant. C’était lui qui les avait hébergés Emma et lui lors de leur fuite et il avait donné sa vie pour les protéger des traqueurs qui étaient à leur poursuite. Il était donc venu jusqu’ici pour l’enterrer lui et son épée, une épée dont il avait besoin à présent. D’un geste, il tira de son manteau son épée, s’entaillant profondément la main afin d’y ouvrir une plaie de laquelle s’échappa un long filet de sang. Le liquide rougeâtre s’écoula le long de la pierre tombale, épousant les formes de cette dernière et créant un relief nouveau aux mots inscrits sur la tombe.

- Il est important de venir honorer les morts, car ce sont eux qui veillent sur nous… Tu vois ? Je suis venu…

Offrir son sang à celui qui lui avait donné le sien pour lui sauver la vie, ce fut là le dernier hommage que Kyosuke pouvait rendre à son mentor, le seul geste qu’il pouvait encore réaliser pour honorer sa mémoire et lui faire part de son amour. Essuyant le sang sur la manche, il regarda alors la seconde tombe et manqua de tomber à la renverse en prenant conscience que machinalement, il avait déjà commencé à creuser de ses mains la terre qu’il avait quelques années auparavant entassé sur le cadavre de son maître. Le bretteur fut partagé entre l’émotion et la tristesse, la gorge nouée alors qu’il n’arrivait pas à s’arrêter. Bientôt, il vit le métal d’une garde apparaitre et rapidement il finit par en sortir une magnifique épée, arme de prédilection de son maître et l’une des 50 lames supérieures. C’était pour cela qu’il était venu : parce qu’il savait que l’une d’entre elle avait été possédée par celui qui lui avait tout appris… Et si par le passé il n’avait pas su subtiliser son bien, il en éprouvait à présent la nécessité et était venu jusqu’ici pour s’en emparer, comme un vulgaire pilleur de tombe :

- Metalicana…

Kyosuke se releva pour s’approcher du lac, plongeant sa main ensanglantée dans l’eau en nettoyant la plaie avec des herbes médicinales alentours qu’il avait appris à reconnaitre durant son entraînement. Son reflet dans l’eau devint rouge à cause du liquide sanguin qui se dispersait dans l’étendue d’eau et le jeune homme resta un moment à se regarder, le cœur battant dans ses oreilles jusqu’à le rendre sourd. Il lut dans son propre regard du dégoût et du mépris mais aussi une détermination nouvelle, une force qui semblait l’animer à présent, un besoin de retrouver la paix intérieure un jour, d’une manière ou d’une autre. Alors qu’il quittait l’oasis pour rentrer au village, le jeune homme brulait d’une flamme qui venait de naître en lui... Une flamme qui l’animerait dans les années à venir et lui permettrait de surmonter les obstacles, d’affronter la mort et surtout, de vivre…

Ce jour-là, le jeune homme appris que ce n'était pas le passé qui était douloureux, mais le futur qui en découle…
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